Tout part d’une rencontre entre entrepreneurs…

Je viens d’arriver à Nantes en octobre 2018, et je cherche un lieu sympa où faire mes ateliers et autres évènements.

Par le biais de Facebook, je tombe sur l’adresse de SAM & JO, un espace de coworking et un salon de thé, en plein centre de Nantes.

Depuis, avec Samuel et Johanne, les créateurs du lieu, nous avons lié une relation de travail et de partenariat, qui je l’espère, grandira avec le temps.

Les ateliers Ca Cogite ! se déroulent là-bas. Et Les Etincelles dont la première session se déroulera  le 25 avril prochain aura aussi lieu chez SAM & JO.

A travers cette nouvelle interview, j’ai souhaité vous faire connaître le parcours professionnel et entrepreneurial de ces deux créateurs, et les valeurs qu’ils portent à travers le lieu de vie et de travail qu’est SAM & JO.

 

 

1 – Pour démarrer, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel, jusqu’à ce jour ?

 

Johanne (Jo) : J’ai travaillé dans l’audiovisuel comme sous-titreuse (intermittente du spectacle) pour différents laboratoires vidéos en région parisienne pendant quelques années, puis avec Sam, nous avons quitté nos jobs et sommes partis voyager pendant 6 mois : une superbe pause dans nos vies que je recommande à tout le monde !

A notre retour, je me suis installée comme photographe auprès des particuliers (famille, naissance, mariage), ma passion de l’époque, en complétant avec des missions de correctrice / traductrice en freelance.

Je n’étais pas prête à l’époque et je me suis essoufflée dans cette tentative entrepreneuriale à laquelle je n’étais pas préparée.

Après une période de remise en question, j’ai repris une licence professionnelle de documentaliste audiovisuelle au CNAM à Paris. J’ai ensuite travaillé quelques années en agence photo, comme rédactrice photo : plusieurs CDD et un client en auto-entrepreneur, jusqu’à ce que l’on quitte Paris pour Nantes.

 

Samuel (Sam) : Depuis 2000, je me suis auto-formé en ingénierie informatique, en commençant dans une petite boîte de 7 personnes en tant que développeur débutant dans une technologie de niche : le Delphi.

En 2006, nous avons fait notre grand voyage de 6 mois avec Jo. Au retour, je me suis mis à mon compte pour proposer des prestations de développement Delphi aux entreprises. Ce type d’offres s’adressant à un marché de niche, et les développeurs étant rares sur le marché, je n’ai eu aucune difficulté à trouver des contrats longs, principalement dans des banques d’investissement. J’ai alors acquis une 2e compétence rare : la finance. Ce qui a fait de moi un mouton à 5 pattes, très recherché.

Malgré un excellent niveau de revenus, je ne me satisfaisais pas de ce boulot. Et nous voulions quitter Paris. Nantes s’est proposé avec un boulot en CDI dans ma branche. Les planètes étant alignées, nous sommes partis. Mais ce boulot en CDI était un piège : énormément de déplacements, horaires à rallonge, épuisement, volonté de changer le management et pas de réponse en face, découragement puis pour finir un beau burn-out. En 2 ans à peine !

 

 

Accueil et salon de thé

 

 

2 – Comment en êtes-vous venus à créer Sam & Jo ?

 

Jo : La recherche d’emploi à Nantes dans mon secteur a été plutôt difficile, j’avais besoin de changement et l’envie de créer enfin l’activité qui me correspondait, le lieu dans lequel j’aurais voulu travailler.

Sam était lui aussi dans un job qui ne lui convenait pas. Il avait besoin de changer, c’est quelqu’un de très créatif, qui ne trouvait plus son compte dans son activité.

Et puis, on a toujours (ou presque) eu envie de créer quelque chose ensemble. C’était LE moment où jamais. Un peu comme quand on est partis en voyage : une nouvelle aventure !

 

Sam : L’envie de se poser, de s’entourer d’un cocon agréable et sain. L’envie de proposer ce cocon à d’autres pour partager et s’entourer de « belles personnes ». L’envie de travailler ensemble. Nous savions que nous pouvions le faire sans problème car nous avons voyagé ensemble, habité 2 ans dans 9m2 sans se disputer, eu des enfants et s’en sortir.

 

 

 

 

3 – Quel est “l’esprit” que vous avez voulu créer dans ce lieu ?

 

Jo : On a voulu que SAM & JO nous ressemble, c’est-à-dire, un lieu chaleureux, dans lequel on peut travailler, développer son activité en rompant la solitude qui accompagne souvent le quotidien des entrepreneurs, télétravailleurs, porteurs de projets. On a voulu un lieu ouvert sur des domaines très divers, pas un secteur d’activité en particulier, c’est pourquoi par exemple les ateliers que l’on propose sont très variés. On a voulu mélanger les publics.

 

Sam : Les rencontres sont riches d’enseignement. Pour rencontrer, il faut des gens variés et il faut un lieu. SAM & JO, c’est cela : plusieurs propositions d’ambiances, d’activités. La plupart des gens travaillent, il fallait un lieu de travail. La plupart des gens s’intéressent à plein de choses, pour peu qu’on leur soumette l’idée et l’envie. On a encore plein d’idées à développer pour faire se rencontrer les gens, pour enrichir leur quotidien (et le notre par la même occasion).

Notre fil conducteur depuis le départ, ce que certains pourraient appeler notre « vision », est d’avoir une démarche éthique et responsable. Pour la partie restauration, nous avons choisi nos fournisseurs parmi des artisans locaux, nous luttons contre le gaspillage avec To Good To Go, nous n’avons quasiment aucun déchets et utilisons des bocaux consignés pour les ventes à emporter. Nos produits d’entretien sont écologiques.

Pour le coworking, nous proposons un prix « juste » : chez nous, pas d’abonnement, vous ne payez que lorsque vous êtes là. Et en groupe c’est encore moins cher, car le coworking, selon nous, doit reposer sur 3 piliers : le partage, la communauté, la mise en commun des ressources. Seul(e), le coworking n’a aucun sens.

Nous avons placé des plantes détoxifiantes et propices à la concentration, des sièges confortables, des prises sur les tables, de la lumière naturelle, du bois, des petits cadres avec des messages d’encouragement ou des mini-BD humoristiques.

Bref, nous avons voulu nos espaces agréables et humains.

Nous sommes d’ailleurs systématiquement à l’accueil, c’est très important pour nous. Pour la partie ateliers, nous privilégions les intervenants indépendants, ceux à qui il faut donner leur chance, et nous les aidons à construire leur réseau.

Notre salon de thé est ouvert à tous, ce qui permet aux gens du quartier de venir dans un cadre classique non lié au travail. S’implanter dans la vie de quartier a été pour nous un critère déterminant dans le choix du local.

 

 

Atelier Ca Cogite ! “Préparer son année et son business” – Janvier 2019

 

 

4 – En quoi votre parcours professionnel contribue à votre aventure d’aujourd’hui ?

 

Jo : Ayant toujours été d’une certaine façon indépendante (intermittente du spectacle, auto-entrepreneure), je me suis habituée à ne pas toujours savoir de quoi demain sera fait. Je reste assez zen là où d’autres (anciens salariés, par exemple) seraient peut-être très stressés.

L’ingrédient photo me manque un peu, ce que j’aimerais, c’est que la photo fasse partie de l’aventure. J’ai envie d’expos chez SAM & JO. A bon entendeur !

 

Sam : L’expérience professionnelle permet d’avoir le recul nécessaire pour affronter les petits soucis quotidiens et s’organiser. Par exemple, avoir été entrepreneur me permet d’appréhender la comptabilité sereinement alors que ce serait une montagne d’incompréhension et source de stress dans le cas contraire.

Et puis surtout, je sais faire le tri entre ce que je veux et ce que je ne veux pas. Cela permet de décider des orientations à prendre et d’être dans « son vrai ».

 

5 – Quels sont les défis qui se sont présentés à vous personnellement en tant qu’entrepreneurs, depuis que vous avez démarré ?

 

Jo : Gérer ce nouvel investissement professionnel avec la vie de famille, la vie perso, essayer de trouver le bon équilibre. Pas si simple !

Et puis, se mettre dans la peau d’un entrepreneur, avec toutes ces nouvelles fonctions à s’approprier. J’apprends tous les jours, c’est très enrichissant.

 

Sam : A titre personnel, le plus dur est d’équilibrer la vie familiale et la vie pro. Nous nous investissons beaucoup dans notre lieu. Et nous sommes donc pour l’instant moins disponibles pour notre famille.

A titre professionnel, il a fallu apprendre de nombreux métiers pour lesquels nous n’avions aucune expérience : restauration, gestion d’un ERP, négociation d’un bail commercial, travaux et aménagement.

J’ai souvent tendance à dire qu’un entrepreneur qui démarre a 3 vies totalement différentes : la vie pendant la phase de création sur le papier, la vie pendant la phase de réalisation avec les travaux et toutes les mises en place, puis la vie pendant la production, celle que nous vivons actuellement. Ces 3 vies sont très enrichissantes mais très différentes. Chaque « vie » laisse la place à la suivante.

 

 

Quand Samuel se lance sur les plantes détoxifiantes…

 

 

6 – Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la vie professionnelle que vous menez aujourd’hui ?

 

Jo : On n’a pas encore beaucoup de recul, tout cela paraît encore tout neuf, mais je crois que c’est justement le fait d’avoir créé ma vie professionnelle, avec toute la liberté que cela comporte, et ce sentiment de ne plus devoir rentrer dans les cases.

Au quotidien, j’aime aussi rencontrer beaucoup de gens différents, avec de beaux projets, de belles motivations. J’aime la diversité et la qualité de nos ateliers, j’aime que les gens se sentent bien chez nous, que ce soit pour travailler ou se détendre, j’aime qu’il y ait encore tant à créer !

 

Sam : Idem : la liberté de choix. A tout moment, on est libre de prendre telle ou telle orientation.

SAM & JO peut évoluer comme bon lui semble.

Cela nous rend très heureux.

 

 

J’ai testé les canapés pour bosser, et ça le fait 😉

 

 

7 – Quels sont les challenges que votre entreprise doit relever cette année, pour se développer ?

 

Sam : Clairement avoir plus de monde, donc de la communication. Prévenir les éventuels déséquilibres, assumer nos choix éthiques en montrant davantage nos engagements au public, affiner nos offres pour toujours proposer mieux que les voisins.

 

Jo : Devenir un lieu de référence sur nos 3 entités, et donc communiquer davantage et mieux pour continuer à se faire connaître et attirer plus de monde.

 

 

 

 

8 – Quels sont les enjeux quand on entreprend à deux, et en particulier en couple ?

 

Jo : Trouver le bon équilibre pour que la vie pro n’empiète pas trop sur la vie perso, car du coup, on peut vite être 100 % du temps à penser au boulot, étant donné qu’on est tous les deux dans le même bateau.

 

Sam : En couple, le principal est de savoir si on veut être complémentaires ou autonomes.

Dans le premier cas, il faut se répartir les tâches équitablement et s’y tenir. Il ne faut pas empiéter ni juger le travail de l’autre. On fait tous des erreurs et on est tous capables de les corriger.

Dans le 2ème cas (comme nous), il faut apprendre ce que l’on ne sait pas faire et dans ce cas, l’autre va aider. Au final, peu importe qui est aux commandes, on sait que le boulot sera (bien) fait.

Bref, c’est avant tout une question de confiance et de bien se connaître (d’où l’importance d’avoir vécu des « épreuves » avant de se lancer).

 

9 – Auriez-vous un conseil à partager aux porteurs de projet, qui ont envie de mener un projet comme le vôtre ?

 

Sam : S’il y a un lieu à gérer, le principal conseil que je donnerai serait d’avoir les reins solides : avoir des économies !

Ensuite, bien définir sa « vision » : ce que l’on veut offrir aux autres et à soi-même.

Enfin, bien s’entourer et n’avoir personne qui vous mettra des bâtons dans les roues.

Le reste n’est qu’une question de volonté, de chance, de rencontres, d’autres possibles à créer.

 

Jo : Ça peut paraître bateau : bien définir son projet. Pas seulement les contours, mais tout ce qui va donner une identité au lieu.

Mettez de vous-même dans votre projet / lieu, c’est vous l’ingrédient magique !

 

 

Pour retrouver Samuel et Johanne :
 www.sametjo.com
Page Facebook
Instagram

 


 

Découvrir la propriétaire du lieu de mes ateliers et évènements intimistes à Paris : Bérengère, fondatrice du 8 Petion

En savoir plus sur Les Etincelles et sur la première session à Nantes

Découvrir mes services d’accompagnement